Vie aquatique en couleur

Louis-Georges Esquilat Explos-Nature

Cette photographie a été prise à quelques mètres de profondeur dans la section nord de l’estuaire maritime du Saint-Laurent. On y aperçoit plusieurs espèces, dont des oursins verts et de la coralline, une algue rosée. Pour dénombrer les populations, les chercheurs photographient des quadrats (cadres) comme celui-ci. Lors de leurs plongées, ils mesurent également des paramètres physicochimiques tels que l’oxygène dissous, la température ou l’acidité de l’eau. Les informations recueillies aideront à la compréhension de l’écosystème et à la gestion des milieux aquatiques propices à la pêche et à l’aquaculture. (Photographie numérique. Couleurs retravaillées à l’aide du logiciel Photoquad) - Photo issue du concours La preuve par l'image 2020.

Sur la plage ensoleillée

Pour certain-e-s sur cette petite planète, l’été rime avec congés. Et peut-être bien des vacances en bord de mer.

Vous êtes tranquillement installé-e sur votre serviette de plage, lorsque, à distance socialement respectable, la discussion s’engage avec votre voisin-e.

Après quelques échanges assez banals liés à la météo, à la température de l’eau, s’en suivent quelques questions pour faire plus ample connaissance. Vous êtes chercheur-se, mais comment vous présenter à ces rencontres balnéaires? Voici quelques pistes de réponses aux questions fréquentes!

Chercheur-se? Mais c’est quoi votre quotidien?

Plutôt que de décrire votre quotidien, interrogez votre interlocuteur-trice sur ces représentations.

Exemple : “Qu’est-ce que cela signifie pour vous, chercheuse en en génie des matériaux combustibles? Comment imaginez-vous mon quotidien? Qu’est-ce-qui vous semble me prendre le plus de temps parmi mes tâches quotidiennes?”

Il ne s’agit pas de faire une interrogation orale, mais simplement de questionner les représentations de votre interlocuteur-trice…

Votre défi : ne pas demander « avez-vous compris? ». Cette question fermée informative n’est pas un bon moyen d’évaluer la discussion (votre interlocuteur-trice oserait-t-il/elle dire non, et se mettre en position d’ignorant-e?). Demandez plutôt : « Alors comment pourriez-vous me présenter demain à d’autres vacancier-e-s? ». Ou « Vous projetteriez-vous dans un métier comme celui-là et pourquoi? Qu’est-ce-qui vous plaît le plus? ». C’est une possibilité pour voir ce qui a été retenu.

Combien vous gagnez?

La question du salaire. A priori si sensible. Dans beaucoup de sociétés on est souvent jugé-e sur ce qu’on a, ce qu’on possède, alors répondre à cette question par un montant n’est pas évident. D’autant qu’un chiffre ne veut pas dire grand-chose en soi. Là encore, essayez plutôt de dialoguer.

Exemple : “Selon vous, comment peut-on évaluer un salaire? Combien estimez-vous que je devrais être payé-e pour les tâches dont nous venons de parler?”

Il ne s’agit pas d’éviter la question, mais simplement de remettre ceci dans un contexte. Et cela peut aussi être l’occasion de parler du financement de la recherche. Ou du coût des études, par exemple.

Racontez votre itinéraire professionnel, vos choix de vie, discutez quant à vos valeurs et vos priorités. Et là-encore, interrogez les représentations : « En tant que scientifique, si je gagnais 500 de plus que ce que vous imaginez, que cela représenterait pour vous? ».

Qu’est-ce que vous pensez de…?

“Vous êtes scientifique, alors vous devez savoir?”. Ah, le savoir. Les savoirs.

Ici, c’est peut-être l’occasion de rappeler que vous avez des connaissances bien précises dans un domaine en particulier. Vous pouvez même parler de démarche, de méthodologie scientifique, ou de passion, de curiosité, en prenant des exemples de ce qui vous entoure. Connaître l’origine des grains de sable qui vous irritent de retour au camping le soir? Se questionner sur les réalités sociales, la notion de vacances, le rapport au travail et à la plage?

C’est l’occasion de dire qu’en tant que chercheur-se, on s’intéresse au monde qui nous entoure, à ce monde dans lequel nous vivons tou-te-s, avec responsabilité(s).

C’est enfin le moment de dire que vous avez en effet un avis sur certaines questions, car vous êtes, avant toute autre chose, citoyen-ne, comme votre interlocutrice ou interlocuteur. Mais que ce n’est pas votre fonction qui vous autoriserait à vous exprimer sur tous les sujets en tant qu’expert-e.

Vous avez le droit d’être en désaccord avec votre voisin-e de serviette lorsque cela relève d’opinions (la rotation du soleil qui vous réchauffe la peau à vous deux, quant à elle, fait sans doute l’unanimité ?). De vous mettre d’accord sur votre désaccord, avant peut-être de vous mettre d’accord sur ce qui vous rassemble. Dans quelques heures, ce verre de l’amitié, cette crème glacée saupoudrée d’un parfum de sciences.

 

Alors, sur la plage ensoleillée : coquillages, crustacés, et métiers présentés!

[NDLR : ces conseils semblent aussi fonctionner sur une plage urbaine, au bord du fleuve, en montagne, à la campagne, en ville, et peut-être dans l’espace ou lors d’un repas de fête]

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