Valser contre le chaos

Emma Teszner Université de Montréal

Au cœur de la cellule humaine, une valse silencieuse et puissante se déroule. Ressemblant à des filaments graciles, les microtubules (en bleu) soutiennent et guident des protéines (en rose-mauve), dont certaines ont pour fonction de réprimer la croissance tumorale. La fragile chorégraphie entre ces composantes assure la stabilité cellulaire et freine les dérèglements chaotiques du cancer. Lorsque la danse cesse, les cellules cancéreuses prolifèrent de manière incontrôlée. Comprendre ce dialogue moléculaire nourrit l’espoir de trouver de stratégies innovantes pour combattre les tumeurs - - Image issue du concours 2025 La preuve par l'image de l'Acfas.

5 astuces pour faire entendre sa voix dans le milieu municipal

Vous souhaitez que vos recherches contribuent à transformer votre communauté, jusque dans les ruelles de votre ville ? Pour y arriver, il vous faudra probablement parler à vos représentant-es municipaux.

Plusieurs articles de Raccoursci vous offrent déjà de précieux conseils pour parler aux personnes élues, mais les choses sont parfois un peu différentes à l’échelle locale. Quelques points pour vous y adapter, issus du guide Faire entendre la voix de la science dans le milieu municipal, publié par Evidence for Democracy, avec le soutien du Fonds de recherche du Québec.

  1. Repérez qui fait quoi

    Les enjeux sur les territoires peuvent relever de plusieurs paliers décisionnels : le gouvernement national, la province/région ou la ville. En général, le palier municipal, au Québec, est responsable de la gestion des déchets, de la voirie et des transports locaux, des parcs et loisirs, du zonage des territoires, et de l’urbanisme. Cependant, dans certains projets, même dans ces domaines, plusieurs paliers décisionnels peuvent intervenir.

    Avant de faire des propositions, assurez-vous de bien démêler ce qui est de la responsabilité de qui!

  2. Comprenez comment fonctionne votre ville

    Comment est organisée votre ville? Ça dépend!

    Ce qu’elles ont toutes en commun : un palier politique avec un maire/une mairesse et un conseil municipal constitué de personnes élues, et un palier administratif géré par la direction générale et différents départements.

    Ce qui peut varier : renseignez-vous sur les pouvoirs que la région/province ou l’État a délégué aux villes, repérez aussi la présence d’un regroupement municipal (au Québec : communautés métropolitaines, municipalités régionales de comté, etc.) ou de communautés autochtones.

  3. Adaptez vos communications

    En plus d’appliquer les conseils de communication pour s’adresser aux décideurs, vous devez prendre en compte que dans le milieu municipal :

    • On est moins partisan, car généralement non affilié à des partis politiques;
    • On est encore plus ancré dans le service aux citoyens, donc très soucieux de l’aspect concret et utilitaire des projets dans lesquels on s’engage;
    • On est très proche des citoyen-nes. Il est important de se lier avec les communautés d’intérêt sur le territoire, avant de tenter de convaincre les élu-es. Et tenez-vous prêt-e à parler de votre projet au détour d’une allée à l’épicerie!
  4. Adoptez des formats de collaboration adaptés

    Vous êtes prêt-e à vous lancer dans un projet de recherche en collaboration avec une ville?  Pensez à adapter vos pratiques pour faciliter l’appropriation des résultats par les personnes sur le territoire : sciences participatives, ateliers de co-création avec les parties prenantes, laboratoires vivants, politique de données ouvertes.

  5. Misez sur des relations durables

    Dans les plus petites municipalités, les décisions sont beaucoup basées sur des relations interpersonnelles de confiance et la connaissance intime du territoire. Donc, misez avant tout sur la régularité et le long terme. Présentez-vous souvent aux rencontres du conseil municipal, proposez de siéger sur des comités de travail. La confiance prend du temps à être bâtie et il faut surtout éviter de penser aux rencontres avec les personnes élues comme des transactions.

    Et n’oubliez pas de faire un suivi après vos rencontres!

Auteur-e-s

  • Photo de Félix Proulx-Giraldeau

    Félix Proulx-Giraldeau

    Directeur général par interim, Evidence for Democracy

    J’ai obtenu un doctorat en physique de l’Université McGill, pendant lequel j’ai étudié des modèles mathématiques du cycle de vie des cellules. En parallèle, je me suis également impliqué dans des organismes étudiants comme Dialogues Sciences & Politiques et au Comité intersectoriel étudiant du FRQ, où j’ai travaillé sur des enjeux comme la durabilité de la recherche par exemple. Aujourd’hui, je suis directeur général intérimaire d’Evidence for Democracy, où je m’efforce de rapprocher science et politique afin de bâtir une société plus inclusive, durable et innovante.

  • Photo de Julie Dirwimmer

    Julie Dirwimmer

    Conseillère et artiste, sciences et société

    Titulaire d’un Master en communication scientifique, Julie Dirwimmer agit à l’interface entre la science et la société au Québec. Elle a mis en place la programmation grand public du congrès de l’Acfas, lancé le concours Ma thèse en 180 secondes et conçu les Journées de la relève en recherche. Au bureau du scientifique en chef du Québec, elle a développé en 2019 le programme Engagement (un programme de sciences participatives), elle a lancé le mouvement de conseillers scientifiques en chef municipaux et elle anime aujourd’hui un forum permanent sur les liens entre sciences et politiques publiques au Québec regroupant plus de 2300 personnes. Elle est aussi active sur les scènes de slam et de conte du Québec sous le nom de Madame Cosinus.