Comment communiquer quand on est une revue scientifique?

Image du Symposium québécois des revues savantes, qui s’est tenu le 20 novembre 2023 à Montréal, à l'occasion du 25e anniversaire d’Érudit, organisé en collaboration avec l’Acfas.

Les principes de base pour communiquer quand on est une revue scientifique

Que l’on soit auteur-trice ou éditeur-trice d’un article, nous avons tout intérêt à faire rayonner les fruits de nos travaux, au-delà de la revue qui les publie. De nombreuses publications savantes, notamment au Québec, portées par de petites équipes, déploient des stratégies ingénieuses pour faire circuler les connaissances au-delà de l’académie.

Pour vous inspirer, voici quelques pratiques porteuses déjà bien ancrées dans les revues savantes francophones.

  1. Penser à sa communauté, pas seulement à sa publication

    Un article ne s’adresse pas uniquement aux spécialistes de son domaine. Il intéressera potentiellement les milieux professionnels, décideurs, non spécialistes, etc. Les revues peuvent offrir des relais vers ces différents groupes ou communautés : 

    • en organisant des événements, en collaboration avec des laboratoires, des ordres professionnels ou des observatoires (comme Nouvelles vues);
    • en soulignant des événements (conférences, colloques) ou encore des journées/mois thématiques, soit via un article ou une publication sur les médias sociaux (comme la revue Enjeux & Société);
    • en contribuant à des formats plus accessibles (entrevues, témoignages), comme dans les Cahiers francophones de soins palliatifs.
  2. Être une revue avec une identité forte

    Les revues qui ont une identité forte (sujet niché, interdisciplinarité, angle unique, territoire circonscrit…) suscitent plus l’engagement de leur lectorat. Ainsi, choisir une revue qui présente un positionnement éditorial clair (thématique, disciplinaire ou territorial), pourra favoriser la portée des recherches qui y sont publiées.

    Par exemple, la Revue d’études autochtones publie des articles scientifiques et des chroniques portant sur les enjeux et les réalités des peuples autochtones du Québec, des Amériques et à travers le monde. Elle se distingue par sa diversité et son ouverture à une pluralité de communautés, de perspectives, de disciplines. Des résumés souvent traduits en plusieurs langues, des mots clés bien choisis, permettant une indexation optimale, favorisent la découvrabilité (c’est quoi ça?).

  3. Apporter un nouvel éclairage sur l’actualité

    Vos travaux peuvent éclairer l’actualité. Encore faut-il les rendre visibles au bon moment et sur les bons canaux! Relier les contenus scientifiques à des enjeux contemporains est une stratégie efficace pour élargir leur diffusion. Certaines revues s’y emploient activement :

    • Frontières met en avant des articles en lien avec l’actualité sur la page d’accueil de son site internet;
    • Le Bulletin d’histoire politique propose des sélections thématiques sur les réseaux sociaux;
    • Des formats comme les balados (ex. autour de Philosophiques) permettent de rejoindre de nouveaux publics en transmettant de façon originale les résultats de la recherche.
  4. Publier et mobiliser les connaissances, en français

    Publier et mobiliser les connaissances en français favorisent l’appropriation des résultats de la recherche au Canada, notamment de la part des décideurs publics.

    Par exemple, Le Naturaliste canadien, l’une des plus vieilles revues au Canada (elle existe depuis 1868) est l’une des revues canadiennes francophones parmi les plus citées dans les documents politiques. Elle contribue encore aujourd’hui aux débats publics et aux politiques scientifiques.

  5. Ne pas rester seul avec son article (ou son numéro)

    Mobiliser les connaissances, ce n’est pas ajouter une couche après coup : c’est un prolongement de la mission scientifique. Et c’est une étape qui appelle au travail collaboratif. Les services de communication de votre faculté, les bibliothèques universitaires ou encore les plateformes de diffusion (comme Érudit) peuvent jouer un rôle clé pour amplifier la portée de vos publications. Plusieurs stratégies peuvent être mises en place pour valoriser les travaux publiés dans la revue savante.

    Pour aller plus loin, vous pouvez consulter la note de recherche “La vulgarisation scientifique : Pourquoi? Pour qui?

Auteur-e-s

  • Photo de Véronique Landry

    Véronique Landry

    Conseillère à la mobilisation des connaissances

    Véronique est conseillère à la mobilisation des connaissances au consortium Érudit. Elle est titulaire d’un doctorat en sciences de l’environnement (2020). Son parcours est riche d’expériences diversifiées (recherche, pédagogie, enseignement et intervention) qui témoignent de son engagement social.

  • Photo de Gwendal Henry

    Gwendal Henry

    Directeur des communications et de l’engagement

    Après avoir travaillé pour plusieurs maisons d’édition en France et au Québec, Gwendal Henry s’est spécialisé dans les nouveaux modes de diffusion des savoirs permis par la dématérialisation des contenus. Il est aujourd’hui directeur des communications et de l’engagement chez Érudit.

Ce contenu a été élaboré en collaboration avec Érudit et le Réseau Circé