Criminelle en conserve

Tony Savard, Julie Barrette et Denise Chabot Agriculture et Agro-Alimentaire Canada

En bleu, voici la bête noire de l’industrie de la conserve : une bactérie de l’espèce Clostridium botulinum, réputée pour sa neurotoxine mortelle. En forme de bâtonnet, elle est ici en mode survie, en train de former une spore (extrémité gonflée), une copie d’elle-même, au milieu d’un amoncellement de particules de légumes (vert). Elle est très résistante, mais heureusement, un simple chauffage à haute température la neutralise efficacement. Cependant, cela détruit du même coup certaines vitamines, protéines et fibres contenues dans les légumes... C’est pourquoi les chercheurs tentent de trouver de nouvelles techniques qui, tout en préservant les nutriments, seraient fatales à cette importune. (Longueur de la bactérie : 5 micromètres - Microscope électronique à balayage et colorisation) - Photo issue du concours La preuve par l'image 2016 -

Vous communiquez les sciences ? Bravo ! Mais à qui parlez-vous ?

Ça y est ! Vous avez décidé de vous lancer. Il faut informer le public des plus récentes avancées scientifiques, déboulonner les mythes, sensibiliser les gens ! Mais à qui vous adressez-vous ? Y avez-vous pensé ? Pour toucher les gens et avoir un impact, il faut savoir rejoindre son public. Et pour cela, il faut bien le cibler !

Visualisez votre public

À qui parlez-vous ? Quel âge ont vos lecteurs et vos lectrices, que font-ils dans la vie ? Habitent-ils au Québec, en France, partout dans la francophonie ? Quels sont leurs goûts, leurs valeurs, leurs opinions politiques… Leur niveau de scolarité, leur bagage culturel, leurs références populaires ? Quels sont les besoins de votre public ? Quelles questions se pose-t-il ? Quelles connaissances (ou préjugés) a-t-il déjà sur le sujet ?

Ces réflexions sont capitales. D’abord choisir les sujets. Dans Les Débrouillards, qui s’adresse aux 9-14 ans, on parlera de robots, d’allergies aux arachides et d’animaux de compagnie, mais rarement d’Alzheimer ou de harcèlement psychologique au travail…

Le public dictera aussi le style d’écriture. Le magazine Naître et grandir cherche à outiller tous les parents de jeunes enfants, y compris ceux des milieux défavorisés. Comme ces derniers sont peut-être moins habiles en lecture, les phrases sont courtes et les textes vont à l’essentiel. Sur le site, on peut même écouter les textes en format audio.

Bien connaître son public permet aussi de colorer la communication avec des exemples qui le rejoignent (votre lectrice est-elle maniaque de bonsaïs ou de motoneige ?) et des références culturelles pertinentes (Céline Dion, Pokémon ou Jean-Paul Sartre ?).

Tenez compte du contexte

Vous avez défini votre public et ses besoins. Maintenant, pensez à vous. Cherchez-vous à informer, à divertir, à émouvoir ? À outiller les gens dans leurs choix ? Le savoir vous aidera à structurer votre communication.

Tenez compte du contexte où vous rencontrez votre public : sur les médias sociaux, les gens cherchent surtout à se divertir ou à passer le temps. Sur un blogue, on peut présumer qu’ils sont davantage à la recherche d’informations…

Enfin, songez à vos moyens de production. Vous aimeriez vulgariser sur YouTube ? L’équipement n’a pas besoin de coûter cher, mais il faudra des efforts et du temps. Inspirez-vous des conseils de Scilabus (Les 10 erreurs à éviter pour votre première vidéo de vulgarisation) ou des chaînes Experimentboy, Dr Nozman…

N’hésitez pas à faire des tests. Chez Curium, nous avons par exemple renoncé, après quelques essais, à animer un compte Snapchat. Même si cette application est très populaire chez les ados, elle exigeait trop d’investissements pour de faibles retombées (les contenus disparaissant après 24 heures). Nous nous limitons donc à Instagram.

Quand on vous invite…

Si on vous sollicite pour intervenir dans les médias ou participer à un événement, vérifiez ce qu’on attend de vous. Est-ce qu’on vous contacte pour avoir du contexte, comprendre un concept et valider des chiffres ? Ou veut-on que vous preniez position sur une question controversée ou un dossier explosif ?

Pour vous préparer adéquatement, renseignez-vous sur le public-cible, la durée (deux minutes au total ou deux minutes par question ?), les autres intervenants présents… Demandez qu’on vous décrive le déroulement précis ou qu’on vous envoie un exemple (la plupart des médias ont des formats prédéfinis).

 

Comment connaître son public ? Voici les moyens que nous utilisons aux Débrouillards et chez Curium :

 

  • Nous invitons nos lecteurs à nous écrire. Chaque jour, nous recevons des lettres, des dessins, des courriels et des messages instantanés sur Messenger et Instagram.
  • Nous suivons les réactions de nos lecteurs sur notre site et dans nos réseaux sociaux. Nous les suivons sur Instagram, et nous suivons les comptes auxquels ils sont abonnés.
  • Nous rencontrons régulièrement des jeunes en classe ou dans nos bureaux (stagiaires d’un jour) pour parler de notre métier ou recueillir leur avis sur le magazine. Nous les rencontrons au Salon du livre, aux Expo-Sciences, à la grève pour le climat…
  • Nous sondons nos lecteurs une fois par année au sujet de nos contenus, de leurs goûts et de leur univers.
  • Et bien sûr, plusieurs d’entre nous avons des enfants!

N’hésitez jamais à aller à la rencontre de votre public et à susciter la rétroaction sur vos efforts de communication. Vous gagnerez en impact et en pertinence !

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