Prise de hauteur sur les fonds
Université du Québec à Rimouski
Nous sommes dans un boisé sous-marin, au fond des eaux de l’île d’Anticosti. On y voit la laminaire sucrée, Saccharina latissima, principale espèce de ces algues brunes. Véritables poumons sous-marins, les laminaires sucrées produisent de l’oxygène et capturent du carbone par photosynthèse. La laminaire sucrée peut mesurer plusieurs mètres et former des assemblages observables de l’espace. Ce projet de télédétection, Algae-Wise, vise à cartographier et à estimer la biomasse de forêts de laminaires repérées lors d’une phase d’exploration sous-marine. Ces informations seront utiles pour évaluer le potentiel de stockage de carbone d’une zone côtière - Image issue du concours 2022 La preuve par l'image de l'Acfas.
Scientifiques en sandales : avancer sa rédaction pendant l’été
L’été, pour plusieurs, c’est les terrasses, les festivals, les baignades et les longues soirées lumineuses. Mais quand on a un chapitre à avancer, cette saison peut aussi devenir un terrain fertile pour la culpabilité et le syndrome de l’imposteur. Pendant que les autres profitent, on se demande si on ne devrait pas être en train d’écrire. Et si on pouvait faire un peu des deux?
D’abord, parlons de ces fameux « blocs de temps » dédiés à la rédaction. Non, ce ne sont pas de gros morceaux de béton qu’on traîne avec nous, mais bien des périodes courtes et récurrentes réservées pour écrire. L’idée, c’est créer une routine qui s’intègre à l’été, pas qui le remplace. On peut écrire deux heures le matin, puis aller à la plage l’esprit léger. Ou l’inverse, si le sable nous inspire. Mais attention : rédiger à la plage, c’est souvent le meilleur moyen de ni bien travailler, ni vraiment profiter de sa sortie. Et le sable dans le clavier, c’est rarement un accélérateur de rédaction.
Parce que pour écrire, il faut aussi ne pas écrire.
Il devrait y avoir des moments dans la journée, des jours dans la semaine, et même quelques semaines dans l’été où le texte sur lequel on planche ne fait pas partie du paysage mental. Ces moments de pause nous permettent de recharger nos batteries et de nous rappeler qu’on est bien plus qu’un projet de recherche. Et puis, relâcher un peu la pression, c’est souvent ce qu’il faut pour laisser de nouvelles idées éclore… et pour que l’envie d’écrire revienne sans qu’on ait à la forcer.
Cela dit, les longs mois de l’été sans cours ni comités peuvent aussi nous jouer des tours. On se dit qu’on va tout rattraper, tout écrire, tout finir. L’élan est noble, mais gare à la folie des grandeurs. Oui, on a plus de temps, mais il y a aussi des absences : les collègues et la direction de recherche sont en vacances, les services de soutien sont fermés, et parfois… on n’est pas tout à fait là non plus! Après deux sessions bien remplies, le cerveau peut être fatigué, l’énergie en baisse, et la performance plus vraiment au rendez-vous. Garder des objectifs réalistes, c’est se donner une vraie chance de les atteindre.
Devant les longues journées qui s’étirent, structurer son temps est aussi nécessaire. L’absence d’horaire peut sembler libératrice (Je peux faire ce que je veux quand je veux!), mais elle peut aussi devenir paralysante (Je peux faire ce que je veux quand je veux… par quoi je commence?!). Sans carte ni signalétique, même le plus beau paysage devient effrayant. Définir des moments pour lire des articles, pour planifier, écrire ou réviser des sections, pour faire des analyses statistiques, pour effectuer des recherches sur Internet (oui, ça aussi, ça peut être planifié et encadré!), ça donne une direction sans brimer la liberté.
L’été, c’est tentant de remettre à demain. Même avec les meilleures intentions, la procrastination peut s’inviter. Mais plus on repousse, plus la culpabilité s’installe, et plus notre confiance en prend un coup. Pour éviter ce cercle vicieux, mieux vaut prévoir des périodes courtes, se récompenser souvent (j’écris deux heures puis je pars faire du vélo), et viser de petits objectifs concrets : « écrire la troisième partie du cadre théorique » ou « écrire de 10 h 00 à midi », par exemple.
Enfin, le temps semble long quand les collègues sont partis, que le local de l’association est désert et que le club de lecture ne reprend qu’en septembre. Dans ce contexte, chercher des occasions d’écrire en collectif — en ligne ou en personne — peut offrir un peu de compagnie, de structure et de motivation. Des initiatives comme Thèsez-vous au Québec ou d’autres efforts d’organisation de retraites de rédaction peuvent devenir de petites oasis d’écriture dans le désert de l’été. Et si rien n’existe autour de vous, pourquoi ne pas organiser vous-même des séances d’écriture à deux, ou à plusieurs? Il y a certainement une autre âme solitaire en rédaction dans votre entourage — même s’il faut parfois aller au-delà de votre laboratoire, de votre cercle d’ami-es, de votre programme ou même de votre discipline pour la trouver.
En somme, l’été peut être une belle saison pour avancer dans sa rédaction, mais créer des frontières claires entre le travail et les autres sphères de la vie permet aussi d’en profiter. C’est non seulement permis, c’est le souffle dont votre créativité a besoin. Et c’est ainsi que les pages se rempliront, un pas (en sandales) à la fois.
Au cours de la préparation de ce contenu pour RaccourSci, Geneviève Belleville a utilisé Copilot afin de générer du texte à partir de phrases incomplètes et proposer des formulations alternatives. Geneviève Belleville a révisé et modifié le contenu, et en assume l’entière responsabilité.