À hauteur de canopée urbaine

Étienne Comtois Université du Québec à Montréal

Un drone prend des photos des arbres, à partir desquelles le chercheur calcule leur volumétrie. Dans ce quadrilatère de Verdun, à Montréal, les bleus présentent les valeurs les plus basses, soit le sol, et les jaunes correspondent aux valeurs les plus hautes, les arbres. En gris-brun, ce sont des bâtiments. Le projet contribue à réduire l’effet des îlots de chaleur en valorisant la géométrie des arbres, qui influence la ventilation et la protection solaire. L’outil guide le choix des essences d’arbres et des sites de plantation pour obtenir un maximum de fraîcheur – jusqu’à 10 °C de moins sous la canopée - Image issue du concours 2025 La preuve par l'image de l'Acfas.

Sciences et politiques : contribuer aux consultations publiques avec la rédaction de mémoire

Toute personne qui souhaite prendre part aux travaux parlementaires peut soumettre un mémoire.  Pour les chercheur-ses, il s’agit d’une vitrine intéressante qui contribue aux travaux et à la recherche de manière générale au-delà du milieu universitaire.

Pour être utile, le mémoire doit être accessible tant sur le plan matériel que sur le contenu. Le site de l’Assemblée nationale du Québec présente les principales lignes directrices de la production d’un mémoire et propose même un gabarit. Voici trois éléments à prendre en compte pour optimiser la rédaction de votre mémoire. Ces conseils, bien que provenant de balises propres à l’Assemblée nationale, constituent de bonnes pratiques pour interagir avec d’autres instances démocratiques, de la plus locale à celles de portée nationale.

Le fond

L’objectif principal d’un mémoire est de partager votre position, vos connaissances ou votre expérience avec les parlementaires. Les député-es ainsi que leurs collaboratrice-teurs constituent un public cible qui comporte certaines particularités propres au milieu politique. Leur réalité professionnelle est marquée par un emploi du temps chargé et la gestion simultanée de nombreux dossiers. Par ailleurs, plusieurs mémoires qui présentent différents points de vue leurs sont soumis au cours des travaux.

Afin d’optimiser la portée de votre mémoire auprès des parlementaires, il est essentiel d’y exposer vos idées de manière claire et concise. L’objectif est de permettre aux destinataires de comprendre facilement votre position et les principaux points de vue qui l’entourent. Bien qu’il n’existe pas de formule parfaite, l’Assemblée nationale recommande de diviser le mémoire en trois sections :

  1. Présentation de l’autrice-teur ou de l’organisme représenté
  2. Exposé général
  3. Recommandations

La présentation de vos compétences sert à mieux vous connaître et à saisir votre expérience dans le domaine à l’étude. Cet exercice établit votre crédibilité en tant qu’expert-e.

Le contenu de l’exposé général devrait s’appuyer sur des faits ou des données probantes. La qualité et l’exactitude de l’information sont des caractéristiques permettant d’apprécier la qualité d’un mémoire. Ainsi, les références aux documents cités doivent être clairement indiquées, que ce soit dans une note en bas de page ou dans une bibliographie à la fin du mémoire.

L’exposé est généralement accompagné de recommandations. Elles ont pour but de concrétiser votre position sous la forme d’un appel à l’action. Dans le contexte de l’étude de projets de loi, la précision est importante dans la formulation de recommandations. Optez pour un énoncé simple et clair fondé sur les faits présentés.

La forme

L’aspect matériel du document n’est pas à négliger. Dans un mémoire étoffé, il est facile de naviguer et de trouver l’information. Bien que l’idée puisse paraître évidente, la structure du mémoire est un élément fondamental qui facilite la compréhension du/de la lecteur-trice.

L’intégration d’une table des matières et l’usage de titres simples et évocateurs sont des façons d’aider votre lectrice-teur à se repérer à travers votre mémoire. De plus, l’utilisation d’éléments visuels tels que les caractères gras ou les encadrés met en exergue vos recommandations et facilite le repérage de l’information.

La longueur du document est à prendre en considération. Plus le document est volumineux, plus son aspect matériel est important. L’Assemblée nationale recommande d’intégrer un résumé ou une synthèse du mémoire pour tous les documents qui dépassent dix pages. À cet effet, la Chambre des communes du Canada recommande même de limiter la longueur des mémoires à dix pages[1].

Si votre document comporte plusieurs recommandations, il peut être intéressant de les regrouper dans une annexe à la fin du document.

Le temps

En terminant, un bon mémoire est celui que le destinataire a le temps de lire. Les travaux parlementaires et la prise de décision politique en général fonctionnent sur une temporalité très différente de la recherche scientifique. Les délais pour soumettre un mémoire sont parfois courts. Dans le contexte des travaux parlementaires, il est préférable de soumettre votre mémoire plus tôt que tard. Misez sur la clarté et la concision plutôt que sur l’exhaustivité.

Bien que la participation aux travaux parlementaires puisse paraître intimidante, elle participe à l’exercice d’un débat informé et ancré dans la réalité. Le fait de soumettre un mémoire constitue un moyen de mettre votre expertise au service de la démocratie. Cette démarche contribue également à renforcer le lien entre la communauté scientifique et l’action publique. Au Québec, les mémoires sont transmis au secrétariat de la commission responsable du mandat avant d’être acheminés aux député-es membres et à leurs équipes. Ils sont par la suite publiés sur le site de l’Assemblée nationale du Québec. Les mémoires déposés dans le cadre d’une consultation sont une source d’information inestimable non seulement pour le milieu politique, mais aussi pour la communauté scientifique et l’ensemble des citoyen-nes.

[1] Chambre des communes du Canada, Guide de présentation d’un mémoire à un comité de la Chambre des Communes.

 

Ce contenu a été produit avec l’apport à la recherche documentaire de Marie-Hélène Fournier, bibliothécaire de référence au service de l’information de l’Assemblée nationale du Québec.