Journées de la relève en recherche - Acfas
Atelier d'écriture lors des Journées de la relève en recherche, Acfas, 2023.
Revue prédatrice? 10 éléments à considérer avant de soumettre un article
Comme bibliothécaires, des membres de la communauté de recherche nous demandent souvent si une revue est légitime ou prédatrice. Cette question n’est pas toujours facile à trancher, et la décision finale revient au chercheur ou à la chercheuse. Notre rôle est de lui fournir des outils pour prendre une décision éclairée.
Voici un top 10 des éléments à considérer avant de soumettre un article. Plus la revue répond à ces caractéristiques, plus vous risquez d’être en présence d’une revue prédatrice.
Certaines revues ou éditeurs dits « prédateurs » détournent à leur profit certains modèles de libre accès, selon lesquels il faut payer des frais de traitement des articles (APC) pour publier. Motivés par le profit au détriment de l’éthique et de la qualité scientifique, ces revues et éditeurs s’écartent des meilleures pratiques et sont caractérisés par un manque de transparence, de la sollicitation agressive et sans discernement auprès de la communauté de recherche, ainsi que par la diffusion d’informations trompeuses afin de se donner une aura de légitimité[1].
Ce texte est diffusé sous licence Creative Commons CC-BY
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Sollicitation agressive
Ai-je reçu un courriel au ton flatteur m’invitant à publier dans une revue inconnue ou au titre vaguement familier?
Analysez le message avec un regard critique : l’adresse courriel est-elle professionnelle? Connaissez-vous cette revue? Votre expertise correspond-elle au domaine couvert par la revue? Le message contient-il des éléments suspects (fautes, mise en forme criarde, etc.)?
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Le filon des numéros spéciaux
Ai-je été invité(e) à diriger ou à publier dans un numéro spécial? Celui-ci est-il lié au domaine de la revue?
Afin d’augmenter leurs revenus, certaines revues multiplient les numéros spéciaux, dont certains n’ont aucun lien avec le domaine de la revue.
Astuce : vérifiez le ratio de numéros spéciaux et réguliers, ainsi que leurs thématiques.
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La revue, une coquille vide?
Lorsque je consulte le site de la revue, plusieurs numéros sont absents, incomplets ou plusieurs articles me semblent suspects. Ceux-ci sont d’ailleurs introuvables dans les bases de données de ma discipline.
La publication devrait être régulière, les numéros devraient être complets et les articles, traiter de sujets correspondant au champ couvert par la revue.
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Légitimité recherchée
La revue prétend-elle être affiliée à des organisations reconnues (COPE[1], OASPA[2], etc.) ou être répertoriée dans le DOAJ[3]?
Vérifiez ces affiliations directement à la source. Portez aussi attention à l’historique de la revue : certaines revues légitimes ont été rachetées par des éditeurs qui exploitent leur réputation.
[1] Committee on Publication Ethics
[2] Open Access Scholarly Publishing Association
[3] Directory of Open Access Journals
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Prestige recherché
Sur son site, la revue met-elle de l’avant un ou des indices bibliométriques et une indexation dans des bases de données reconnues dans votre domaine?
Vérifiez ces informations à la source. Si la revue présente un indice bibliométrique, assurez-vous qu’il s’agit d’un indicateur établi comme l’Impact Factor ou le CiteScore?
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Une identité qui porte à confusion
Le titre ou la description de la revue sont-ils trompeurs? Son titre peut-il être confondu avec celui d’une revue établie? Son ISSN correspond-il à celui sur portal.issn.org? La revue se dit-elle internationale, alors que les membres de ses comités ne proviennent que d’un seul pays?
L’identité de l’éditeur ou de la revue ne devrait jamais prêter à confusion.
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Surprise! Vous devez payer!
Si la revue me charge des frais de publication, l’ai-je découvert seulement après avoir soumis mon article?
Les frais de publication devraient être clairement indiqués sur le site de la revue, ne pas augmenter en cours de processus et n’être exigés qu’après l’acceptation.
En conclusion, restez vigilant-es. Les revues et éditeurs prédateurs cherchent avant tout à générer des revenus plutôt qu’à publier de la recherche de qualité. Même lorsque les conséquences financières sont limitées, les répercussions sur votre réputation ou celle de votre équipe peuvent être importantes. En cas de doute, consultez votre bibliothécaire.