Travail en commission parlementaire dans la salle du Conseil législatif

Photographe François Laliberté Collection Assemblée nationale

Image extraite de https://www.paricilademocratie.com/approfondir/parlementarisme-et-elections/682-les-commissions-parlementaires

Comment intervenir en commission parlementaire?

Pour des scientifiques qui veulent contribuer aux prises de décisions publiques ou faire valoir le consensus scientifique auprès des personnes en situation de pouvoir, intervenir en commission parlementaire est une solution parmi d’autres.

Les conseils ci-dessous sont issus d’ un atelier de L’interface, un parcours de formation de l’Acfas en collaboration avec le bureau du Scientifique en chef du Québec. Ces conseils sont aussi applicables à de nombreux contextes en dehors de la province québécoise.

  1. Savoir pourquoi vous devez contribuer

    Ne perdez jamais de vue votre objectif. Identifiez d’abord votre objectif et gardez le en tête, comme un fil conducteur autour duquel se construit votre propos. Souvenez-vous que vous possédez des informations auxquelles les élu-es n’ont pas forcément accès. Pour contribuer aux prises de décisions, il faut que l’information se rende!

  2. Être concret-e

    Éviter les grandes réflexions si vous êtes incapables d’expliquer comment y arriver! Nous vous conseillons d’avoir les idées claires, de traduire vos données en solutions applicables.

  3. Avoir déjà en tête les amendements

    Vous voyez des solutions à appliquer ? Formulez-les directement dans un format utilisable dans un amendement.

  4. Prévoir les pièges

    Le principe pour vous est de ne pas être déstabilisé-e. Il est d’ailleurs probable que vous ne répondiez pas à toutes les questions qui vous sont posées. Par exemple parce que certaines ne rejoignent pas votre champ d’expertise scientifique.

  5. Simplifier votre discours

    Vous n’êtes pas là pour parler comme si vous étiez entre expert-es du domaine, ni pour présenter la science comme une fin de discussion. Ne soyez pas dans la condescendance, soyez dans l’explication.

  6. S’intéresser aux député-es

    A minima, il est intéressant de connaître leur comté (même si les personnes annoncées ne sont pas toujours celles qui sont présentes le jour J). L’idée est de comprendre à qui vous vous adressez, pas de faire de la politique. Les élu-es ont comme vous des contraintes propres à leurs rôles et organisations. Il vous faut en tenir compte.

  7. Être prêt-e à répondre aux journalistes

    En amont de votre intervention en commission ou à la sortie de celle-ci, la rencontre avec les journalistes est possible. Soyez prêt-e à répondre à certaines questions, ayez votre message principal en tête. Et toujours, du concret!

  8. Ne soyez pas moralisateur-trice

    Les élu-es ont un rôle important à jouer dans la société et bénéficient d’une légitimité démocratique. Il faut le reconnaître et se mettre en posture de contribution et non pas de simple dénonciation. Les élu-es ont comme vous l’objectif de changer le monde qui nous entoure pour le mieux. Misez sur ce point commun.

  9. Ne cherchez pas à obtenir l’assentiment de tou-tes

    La politique est un univers de discussion et de confrontation. Votre rôle n’est pas de faire de la politique, ou plaire. Vous êtes l’expert-e, on attend de vous une contribution basée sur les sciences, sur vos travaux. N’allez pas au-delà de cela.

  10. N'arrivez pas en retard

    Non, ce n’est pas un point de détail, à négliger. Pour être concret, passer les services d’accueil / sécurité de l’Assemblée nationale du Québec peut parfois, très légitimement, prendre du temps. Rien de tel que d’arriver en retard pour donner une mauvaise impression et faire augmenter son stress pour rien.

Auteur-e-s

  • Photo d'Alexandre Cloutier

    Alexandre Cloutier

    Président de l'Université du Québec et ancien député de l’Assemblée nationale du Québec

    Les relations entre sciences et politiques publiques me passionnent depuis toujours. Elles structurent mon parcours, comme ancien député de l’Assemblée nationale du Québec, comme ministre et maintenant comme président de l’Université du Québec. Pour moi, la culture scientifique est un des piliers de notre démocratie. Le savoir doit être au service du débat public, agir comme un phare pour nos décideurs.

  • Photo d'Isabelle Lacroix

    Isabelle Lacroix

    Professeure de politique appliquée & Vice-doyenne au développement et à l’international à l'Université de Sherbrooke

    Isabelle Lacroix est professeure agrégée à l’Université de Sherbrooke. Elle est vice-doyenne au développement et à l’international pour la Faculté des lettres et sciences humaines depuis juin 2001. Elle s’intéresse aux politiques publiques, à la gouvernance multi-joueurs dans un contexte démocratique et à la responsabilité sociale des chercheurs et chercheuses. Elle est aussi chercheuse associée à l’Institut quantique où elle travaille sur les impacts sociétaux de l’intégration des technologies de rupture.