Mosaïque microscopique

Seyed Mohammed Mirkhalaf Valashani Université Laval

En collaboration avec François Barthelat de l'Université McGill. La nacre des coquillages possède des propriétés mécaniques inouïes qui dépendent de l’arrangement particulier des microtablettes dont elle se compose. Si la technique de fabrication des microtablettes, ici de silice, est déjà maîtrisée, il est moins facile ensuite de structurer ces millions d’éléments microscopiques. Une avenue prometteuse consiste à induire leur autoassemblage afin d’obtenir, comme ici, une microstructure tridimensionnelle similaire à celle de la nacre. Et à terme, créer de nouveaux matériaux composites, comme des revêtements pour des dispositifs optiques. Ou encore, des biomatériaux pouvant servir de guide temporaire dans la reconstruction osseuse. Les possibilités se comptent par myriades…Microscopie optique. Grossissement 50 x. Taille d’une microtablette : 10 microns - Photo issue du concours La preuve par l'image 2014.

Comment faire des sciences une fête?

Fêter la science, c’est éveiller et parfois réveiller la curiosité, c’est faire pétiller les yeux lorsque l’on comprend comment ou pourquoi ça fonctionne, c’est offrir la liberté de remettre tout en question, c’est partir à la découverte, explorer notre environnement, voyager avec son cerveau, repousser les frontières de l’inconnu et de l’impossible, c’est se découvrir, découvrir l’autre, découvrir ce qui nous entoure.

Fêter la science, c’est autant faire place belle à la connaissance qui nourrit ce désir de vivre, qu’à la démarche scientifique, l’expérience vivante qui mène au savoir et participe à aiguiser l’esprit critique pour distinguer un fait d’une croyance.

Fêter la science, c’est enfin une rencontre entre des femmes, des hommes, des enfants, une grande aventure humaine où chacun y prend sa part, avec son identité, ses particularités, son histoire.

Célébrer, fêter la science, c’est le pari qu’avait proposé Hubert Curien alors ministre de la Recherche et de l’Espace au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation,  lorsqu’il propose en 1991 de lancer la première édition de la Fête de la science en France pour rapprocher le citoyen de la science et de ses acteurs : « je vous suggère d’y voir un symbole », dit-il, « la recherche et la technologie sont l’affaire de tous ».

Près de 30 ans plus tard, ce sont près de 2 millions de visiteurs qui, chaque année en octobre et novembre, dans plus de 2 000 lieux en métropole, Outre-mer et à l’international, se retrouvent à travers des milliers d’événements, organisés par des chercheurs, des ingénieurs, des techniciens, des médiateurs et des bénévoles, tous passionnés de science.

Cet événement, devenu un incontournable du paysage de la communication scientifique française, propose ainsi dix jours de manifestations gratuites à travers de multiples formats de médiation pour faire vivre les sciences à tous les publics dans une approche ludique et festive : la Fête de la science, c’est un énorme festival des sciences avec des séances de rencontre (speed-meeting) pour faire découvrir les métiers de la recherche, des vidéastes scientifiques qui font leur spectacles solo (one man show), des cafés des sciences, des chercheurs qui poussent l’impro sur les planches, des artistes qui mettent en scène la recherche.

Des chiffres, oui, mais qualitativement, ce sont aussi de nombreuses initiatives au cœur de tous les territoires, des collectifs d’acteurs qui travaillent en réseau, une multitude d’ateliers qui proposent des expériences étonnantes dans les villages des sciences ou encore des parcours scientifiques et des visites de laboratoires, de musées, de Fab labs, de sites naturels et industriels, qui ouvrent tout spécialement leurs portes à toutes et à tous pour l’occasion. Toujours en veillant à la convivialité. Grâce aux activités menés par les porteurs de projets, la Fête de la science surprend, divertit, et participe à la lutte contre toute forme de discrimination, d’inégalités, d’injustices.

Parmi les différents publics auxquels la Fête de la science s’adresse, plus de 300 000 scolaires participent chaque année participent avec le concours de leurs enseignants, pour bénéficier d’actions éducatives, élargir leur culture scientifique et technologique et rencontrer les femmes et les hommes qui font la science d’aujourd’hui.

C’est le cas par exemple à Mayotte, où des élèves et étudiant-e-s ont créé une série d’activités. [NDLR : voir l’article Biodivertissons-nous!] Chaque année l’organisation de la Fête de la science rentre dans la même optique d’ouverture sur l’ensemble de la population où la jeunesse mahoraise va avoir un rôle majeur à jouer. Ainsi les établissements scolaires répondent à l’un des objectifs majeurs de la Fête de la science à savoir « mettre la connaissance scientifique à la portée de tous, de partager les savoirs entre les chercheurs et les citoyens ».

Les démarches de projets qui permettent de faire des sciences une fête font parties intégrantes de l’enseignement des sciences. Ils motivent et permettent aux élèves d’atteindre un des objectifs majeurs des sciences :  faire des sciences! En effet, faire des sciences une fête nécessite une démarche de projet et ce dernier est un outil nécessaire pour former à l’autonomie et à l’esprit d’initiative. En participant à l’élaboration du projet, on participe à la construction de son savoir.

Faire de la science une fête permet en effet de désacraliser « les sciences » dans la population. En effet, tout le monde est d’accord pour dire que tout ce qui se fait par le jeu passe toujours mieux. Ainsi, les personnes participant à un jeu scientifique sont des acteurs de la science et non de simples consommateurs d’informations.

Faire des sciences une fête permet de faire des sciences participatives. Les jeux collaboratifs entre scientifiques et citoyens, entre laboratoires, amateurs et associations, peuvent se développer et se diversifier à l’occasion de cet événement.

La Fête de la science est ainsi un programme national et international annuel d’envergure et un formidable moment de partage avec les publics de l’enthousiasme pour les sciences, les techniques et les innovations, porté par ces milliers d’acteurs de la recherche et de la culture scientifique, technique et industrielle. Une fête qui n’est pas prête de s’arrêter!

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