Petits envahisseurs de grandes cultures

Julien Saguez CÉROM

Ces drôles de « soucoupes volantes » sont en fait des dizaines d’œufs posés sur les feuilles à la cime d’un plant de maïs. Bientôt, ils libéreront les larves du ver-gris occidental du haricot, très friandes des épis en devenir. Ces œufs sont pondus par des papillons nocturnes originaires du centre des États-Unis et maintenant bien établis en Ontario. Portés par les vents jusqu’au Québec, et par suite des changements climatiques, ils pourraient, craint-on, s’installer ici à demeure. (Un œuf : 1 mm; grossissement : 200x; microscopie optique) - Photo issue du concours La preuve par l'image 2019.

Biodivertissons-nous!

Il suffit de demander à des élèves ou étudiant-e-s et vous serez surpris de leurs capacités à mettre en scène des phénomènes scientifiques aussi compliqués soient-ils. Et en effet, c’est dans les notions scientifiques difficiles à comprendre et dans les sujets scientifiques d’actualité (éducation à la santé, réchauffement climatique, pollution, respect de l’environnement…) que faire des sciences en faisant la fête est encore plus pertinent. Il n’y a rien de mieux pour faire passer des messages en classe et/ou sensibiliser la population sur les questions de santé publique et de développement durable par exemple.

L’objectif est à chaque fois d’explorer le monde scientifique dans sa diversité, faire découvrir et aimer la science, mais sans se prendre la tête!

 

Concrètement, comment ça se passe?

A titre d’exemple, nous pouvons prendre un travail fait par des lycéen-ne-s (de la seconde à la terminale) et une classe préparatoire aux études supérieures (CPES) du lycée Younoussa Bamana à Mayotte lors de la Fête de la science.

Imaginez que vous voulez mettre en place une troupe de spectacle sur « les sciences en fête » en prenant par exemple le thème de la biodiversité.

« Biodivertissons-nous » ce n’est pas mal comme nom de groupe? En effet, ce terme a été choisi par les élèves parce qu’il allie la science (la biodiversité) et la fête (le divertissement).

Il faudra donc parmi ces élèves des interprètes, des scénaristes, des personnes pour la mise en scène et surtout l’écriture… Et enfin quelqu’un pour « superviser », en général le/la professeur-e qui porte le projet. Tout ce monde va collaborer pour monter le spectacle. La qualité du spectacle va dépendre du sujet traité, du temps imparti et bien sûr de la motivation des protagonistes. Plusieurs propositions d’activités liant sciences et spectacle peuvent en découler. Ci-dessous, quelques activités autour de la préservation de la biodiversité présentées par le groupe de « Biodivertissons-nous à Bamana » :

  • Des chansons autours de la préservation de la biodiversité (Rap, pop, à capella, chansons accompagnées au piano et/ou à la guitare);
  • Des poèmes sur l’écologie, la sensibilisation au développement durable traduits en plusieurs langues (français, anglais, espagnol, mahorais, malgache);
  • Des pièces de théâtre sur des sujets d’actualités et des problématiques régionales (les femmes scientifiques, le réchauffement climatique, gestion des déchets, pollution des rivières et des océans, protection des animaux en voie de disparition, surconsommation et éco-responsabilité, surpêche, déforestation, énergies fossiles);
  • Des séances déloquence sur le blanchiment des coraux, les pesticides, et l’agriculture durable…
  • Des sketchs sur les différentes communications entre êtres-vivants, le travail des scientifiques (démarche d’investigation en prenant l’exemple d’une chargée naturaliste qui doit inventorier, protéger et valoriser les espèces animales et végétales);
  • Des capsules vidéos afin de recueillir les témoignages des anciens (grands-parents) sur l’évolution de la biodiversité.

Pendant la préparation des activités, les élèves et étudiants ont été acteurs de leur apprentissage, se sont surtout amusés, et ils étaient fiers de présenter leur travail final devant le public. Ils ont pu développer des compétences nouvelles tant au niveau personnel que professionnel avec d’autres idées plein la tête (futurs métiers, regard différent sur les thématiques environnementales, futurs spectacles, développement de l’esprit critique et de l’esprit scientifique…).

Le jeu et la fête sont les langages universels et le quotidien des enfants. Donc oui, apprendre les sciences en s’amusant et faire des sciences une fête doit être une pratique naturelle. Faire des sciences en passant par la fête, les jeux, peuvent être un facilitateur dans la compréhension des informations et l’apprentissage de nouvelles compétences scientifiques parce que c’est une activité qui sera faite par plaisir.

Faire des sciences une fête permet plus facilement et de façon plus ludique :

  • D’identifier et comprendre les effets de la science sur les sociétés et sur l’environnement;
  • De susciter l’intérêt pour les sciences;
  • De faire prendre conscience du rôle des sciences dans la compréhension du monde;
  • De faire accéder à une culture scientifique;
  • De participer à la formation de l’esprit critique.

Nous espérons que la fête de la science pourra être aussi célèbre que la fête de la musique! Une fête où on pourra par exemple aller voir tout naturellement des spectacles, des pièces de théâtres, des concerts sur des sujets scientifiques, de la vulgarisation scientifique etc.!

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